Le Carnaval des Mots II, 2015

Leporello /150 ex

Cette exposition est le prolongement d’un premier Carnaval des mots réalisé en noir et blanc entre 1993 et 1995, voilà plus de vingt ans.

La palette de ce second Carnaval, quoique élargie, reste minimale : du noir, de l’or, du bleu. Mon âme coloriste veut se concentrer sur les mots, et cherche dans la langue française encore des jeux de sens, quelques fulgurances…

Pour moi, les mots et le corps sont liés.

Mes toiles sont une métaphore de l’être: peinture et écriture ne font qu’un, sont consubstantielles, de même que corps et langage ne font qu’un: l’Etre.

Et c’est là que je fouille.

Dans cet humain tant complexe qu’évident. Ce mystère.

Et si peindre c’est donner de l’émotion, j’ai choisi, car elle s’est imposée à moi, cette façon directe de parler à l’inconscient, de raconter dans un mot un pan de vie.

Qu’est-ce-qui m’inspire? L’Etre. Qu’est-ce-qui me passionne? l’aspect caché des choses. Le Carnaval des mots est une invitation pour une promenade joyeuse dans l’univers de chacun, dans la singularité des humains que nous sommes, là où l’on trouve des trésors enfouis, des perles précieuses, des perles de langage, une poésie qui nous révèle.

On aura deviné, bien sûr, mon intérêt pour la psychanalyse. Elle est, à mes yeux, soeur de poésie: une poétique de l’Etre.

J’aime lancer des hameçons, souffler des bulles de savon, allonger des ponts, faire sourire, offrir un résumé dans la fulgurance de ce j’aime nommer « un jeu de sens » plutôt que « jeu de mots » et laisser l’âme et le regard se poser pendant la promenade. La Psychanalyse est joyeuse!

Et, c’est en souriant que j’aimerais ici livrer un petit élément biographique: ayant perdu mon père à l’âge de 4 ans, je me souviens d’une enfance solitaire et boudeuse où je rapprochais de moi tout ce que je pouvais dessiner. Je passais de longues heures attachée aux détails que je percevais avec netteté et que je scrutais. Tout ce qui se trouvait à une distance d’un mètre à peine était flou: les objets, les êtres, les paysages… les feux rouges étaient comme des boules scintillantes dans le ciel, les camarades de classe ne voyaient rien de ce que je désignais et ce qu’elles montraient ne me permettait pas de les suivre… … Lorsqu’à l’âge de 10 ans, à mon arrivée en France, on me fit pour la première fois porter des lunettes, JE VIS, à ma stupéfaction, des miettes sur la moquette!

Je compris que du visible m’avait échappé, et je grandis, dès lors, soucieuse de fouiller et de trouver, de regarder, de comprendre, de faire surgir des images. C’est ainsi que je peins.

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